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Séparations et retrouvailles en crèche : comment accompagner ces temps de transition ?


Notre vie est faite d'une succession de séparations depuis notre naissance. Elles sont programmées dans le développement de l'enfant et participe à son processus de construction. De plus du fait de l'organisation de notre société il y a d'autres séparations sans lien avec son développement : l'accueil en crèche en fait partie (ou chez un.e assistant.e maternel.le), tout comme l'entrée à l'école, etc.

Les séparations consistent à être à distance sans que le lien soit rompu. Ce n'est pas une rupture qui elle, est brutale et silencieuse et attaque le lien à l'autre.

Elles conduisent l'enfant progressivement vers l'acquisition de son autonomie mais nécessitent qu'il soit accompagné. Elles doivent être anticipées, préparées, parlées. Un enfant systématiquement informé du moment où l'on va se séparer, de son motif et du moment précis des retrouvailles, n'a plus besoin d'être sur ses gardes.

Et s'il a fallu du temps pour accepter la réalité de la séparation, il en faut également pour abandonner les mécanismes de défense utilisés pour la supporter et apprécier d'être à nouveau ensemble.

Ces moments sont donc très forts émotionnellement et les professionnel.le.s de structures petite enfance se doivent d'élaborer une organisation sécurisante pour cet espace-temps transitionnel entre dehors et dedans : qui accueille ? Dans quel lieu ? Quel est le temps consacré à ce moment ? La personne est-elle connue de la famille ou celle-ci a-t-elle été prévenue de qui serait présent ? Sa disponibilité est-elle réelle, sans se faire au détriment du groupe d'enfants ? Le lieu est-il agréable, accueillant, proche des jeux pour donner envie à l'enfant de les investir ? Comment se fait le «passage» entre parent et professionnel.le ?

Toute l'organisation doit par conséquent être pensée pour faciliter ces temps de transition. Certaines structures ont ainsi choisi d'éviter un passage par les bras du parent au / à la professionnel.le, suivi immanquablement d'une deuxième séparation quand l'enfant est déposé au sol. Le parent y installe donc lui-même son enfant, reste avec lui et le /la professionnel.le un court moment avant son départ.

Bien sûr les contraintes des institutions sont fortes et la période actuelle est peu favorable à la prise en compte de ces critères. Le côté anxiogène de cette dernière doit justement nous pousser à trouver des aménagements qui en limitent les effets. Et pour le moins, la parole doit permettre d'accompagner l'enfant et son parent, de prendre en compte les émotions de chacun, sans jugement de valeur, de manière à apporter le maximum de sécurité affective.


Véronique Servettaz