Search
  • lenfantenjeu

Les assistant.e.s maternel.le.s : de vrai.e.s professionnel.le.s de la petite enfance !


Mon parcours professionnel m'a amenée à travailler fréquemment avec les assistant.e.s maternel.le.s, que ce soit en crèche familiale ou en relais en tant qu'éducatrice de jeunes enfants et dans le cadre de leurs formations obligatoires ou continues en tant que formatrice.

Ces professionnel.le.s regrettent très souvent le manque de reconnaissance de leur activité. La semaine dernière encore, une assistante maternelle me racontait qu'étant à la base auxiliaire de puériculture, son entourage ne comprenait pas qu'elle fasse un tel métier. Et pourtant …

Pour ma part je trouve qu'ils/elles ont de très lourdes responsabilités à porter seul.e.s au quotidien : personne pour prendre le relais quand le comportement d'un enfant, ses pleurs, les conflits avec les « copains » ou simplement l'énergie de ces chers bambins leur mettent les nerfs à rude épreuve ; seul.e pour gérer les relations avec les familles ; seule pour affronter la désillusion de concilier vie familiale et professionnelle. Car si un.e assistant.e maternel.le travaille à son domicile, ne privilégie-t-il / elle pas souvent, par conscience professionnelle, les enfants accueillis ? Cela revient à être là mais sans être disponible pour ses propres enfants, à vivre dans une confusion des espaces privé et professionnel :( Comment gérer la jalousie de ces derniers ?

Et comment se questionner sur ses pratiques au quotidien ? Certain.e.s ont la chance de pouvoir fréquenter un RAM et / ou profitent de leur droit à la formation continue. Souvent cependant ils / elles n'osent faire valoir ce droit en se formant les jours de semaine et le font donc le samedi, pour ne pas déranger les familles.

Il serait grand temps que le regard sur ce métier change et que ces personnes soient enfin vraiment reconnues comme des professionnel.le.s petite enfance à part entière. C'est pourtant le premier mode d'accueil !

Je pense que vous, assistantes maternelles, pourriez y contribuer en laissant tomber cette appellation de « nounou » . Par habitude et parce que vous y voyez un côté affectif, certaines d'entre vous y sont attachées. Pourtant il est impropre : vous assurez bien plus que de simples fonctions vitales et de gardiennage véhiculées par ce terme qui souffre de représentations collectives inconscientes guère positives. Celui-ci a en principe été mis au placard avec la loi de 1977 qui fixa le premier statut de votre profession et vous attribua une nouvelle dénomination (même si celle-ci est loin d'être parfaite non plus, je la trouve moins dévalorisante).

Cette loi est le point de départ de la professionnalisation, améliorée par celle de 2005.

Vous tissez au quotidien avec chaque enfant et sa famille des liens garantissant sa sécurité affective. Vous construisez chaque jour un environnement lui permettant de vivre des expériences, d’avancer vers l’autonomie, d’éveiller son intelligence, de développer sa personnalité, sa créativité, d’établir des relations avec les autres, enfants et adultes. Vous devez vous adapter sans cesse avec vos ressources personnelles ou acquises en formation pour offrir à chacun un accueil personnalisé en accord avec ses besoins. Disponibilité, attention, observation, patience sont donc indispensables.


Et tout ça malgré des conditions de travail parfois difficiles (lourdes journées par exemple) et sans que la reconnaissance soit au rendez-vous le plus souvent, vos compétences étant sous-estimées.

Alors je vous tire mon chapeau, bravo !